A la rencontre de Jean-Claude Soulère – l’homme de la Montagne

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Passionné de montagne et de sport, c’est tout naturellement que tu t’es tourné il y a quelques années vers les courses nature. Sans échapper à l’Ariège, cette vie naturellement enrichie de rencontres et de découvertes de paysages s’est aussi déclinée, en parfait équilibre, entre le sportif aguerri et l’organisateur au verbe aiguisé !

Bonjour Jean-Claude.

• Toi qui le connais mieux que tout le monde, on dit de Jean-Claude qu’il est empreint de ruralité, un peu ours, mais pas sauvage. Á mots ouverts, c’est vrai ?
Ours, je revendique, rural, de plus en plus et sauvage, cela dépend de la définition que l’on donne à ce mot.Jicé_foire8mai_2

• L’homme « qui déplace une montagne commence par les petites pierres ». Qu’est-ce qui te fait lever le matin, quelle que soit la saison ?
La faim.

• Melville disait « soyez toujours fidèle aux rêves de votre jeunesse ». C’est un truc que tu as gardé ? Que sont devenus tes rêves d’enfant ?
Des rêves, j’en avais beaucoup et, pour la plupart, irréalisables. La famille est tout de même le plus beau.

• C’est ce que l’on découvre progressivement qui nous enrichit le plus. Aussi, quel aurait été ton rêve en tant qu’organisateur ?
Pouvoir apporter beaucoup plus à l’Ariège.

• On dit souvent que pour être un bon organisateur, il faut ressentir les émotions des coureurs. Qu’en penses-tu ?
Vrai à cent pour cent mais il faut savoir éliminer tout l’égocentrisme et l’égoïsme nécessaires pour la gagne.

• S’il y a un point sur lequel un organisateur doit se montrer intransigeant, lequel est-ce ?
La sécurité des acteurs, bénévoles et compétiteurs.

• Sans évoquer le passé. Ce serait ridicule. Ça ne rimerait à rien. Avec ton expérience, quels conseils pourrais tu donner aux jeunes coureurs et coureuses qui veulent se lancer dans le trail et parfois trop vite sur des Ultras Trails ?
De rester mesurés, d’écouter leur corps et surtout ne pas se laisser emballer par la boulimie des kilomètres.

• De plus, pense-tu que l’on peut être un bon traileur, si l’on ne cherche pas à connaître d’abord la nature, la montagne, avec ses valeurs, ses dangers et ses rigueurs ?Jicé_KMvertical-web
La plupart des Traileurs n’est pas en osmose avec la nature, ce milieu n’est pas le quotidien de ces sportifs, il est surtout un support pour se prouver je ne sais quoi et pour être bon en chrono, il suffit d’un entraînement adéquat (souvent à base de piste moderne).

• Toujours plus, toujours plus long… La discipline a beaucoup évolué et va encore se développer, quel constat (positif et négatif) fais tu de cet engouement ?
Il en faut pour tous les goûts. Pour ce qui me concerne, j’ai toujours aimé les épreuves ou « ça frotte et ça chambre », style cross, les parcours contre le chrono n’étaient pas mon fort. Le positif est le coté économique, le négatif est le coté mercantile ou le sportif devient client.

• Es-tu optimiste quant à l’évolution du sport en général dans notre société, compte tenu d’un formatage de la pensée critique et personnelle, et de la direction maximaliste de l’individu ?
Je serai bref ! On ne peut pas être optimiste au vu de tout ce qui se passe au niveau du sport et surtout de tout ce qui gravite autour. Je ne sais pas si l’on peut continuer à éduquer nos enfants dans ce sens.
La direction maximaliste de l’individu lui est, à mon sens, dictée par le statut social qu’il se doit d’avoir et ce qu’il croit devoir représenter, ceci, sans aucune réflexion sur lui même et sans tenir compte des réflexions d’autrui.

• Sinon, quel est ton meilleur souvenir et le plus mauvais durant ces 30 ans ?
Les organisations avec quelques amis, surtout les virées dans la nature ou à la rencontre des bénévoles comme cette soirée sur la glace pour aller à Aulus les Bains assister à une réunion terminée devant un steak frites à Foix constituent de bons souvenirs. Les plus mauvais sont la perte de copains sur ce chemin de plus de 35 ans.

• Aujourd’hui jeune retraité, mais aussi, berger, gallinophile, bûcheron, blogueur, photographe, traceur de parcours, VRP du trail des Crêtes … aspire tu à faire de nouvelles choses, aussi bien du point de vue intellectuel que physique ?
Le carnet est bien rempli, mais un peu de politique me tenterait.

• La question peut sembler naïve, maladroite, voire carrément incongrue. Les animaux font-ils du sport ?
Heureusement oui, mais sans chrono et sans artifices, juste pour leur bien être.

• Sans faire « cliché », quelle question ai-je oublié de te poser ?
Tu es le seul à ne pas m’avoir demandé si je cours encore.

Merci Jean-Claude pour tes réponses sans faux-semblant, mais sans complaisance !
Juste fidèle à toi-même, on te souhaite tout simplement bon vent !

Un petit plus in archives Robert-Félix Vicente …en 2007 !2007-(4)