A la rencontre de Didier Laguerre – La Porcina Fuxi

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L’organisateur interviewé : Didier LAGUERRE – La Porcina Fuxi… à toi !

Aujourd’hui, j’ai le grand plaisir de faire l’interview d’un journaliste …. Bonjour Didier, tu es membre de la confrérie de la saucisse de Foix, mais en homme de terrain très actif et aussi coureur, tu organise la festive Porcina Fuxi !

Didier* Peux-tu tout d’abord nous présenter l’association de la confrérie de la saucisse de Foix, ainsi que les évènements qu’elle organise ?
La Confrérie de la Saucisse de Foix a été créée il y a cinq ans. Son objectif est de promouvoir la charcuterie locale et en particulier la saucisse de… foie. Elle possède les mêmes ingrédients que la saucisse dite « sèche » sauf qu’on y ajoute du foie ce qui lui donne cette couleur marron-rouge vif. Traditionnellement, elle était « passée » à la poêle, accompagnée de deux œufs et de « taillous » (pommes de terre bouillies en oc). Traditionnellement le dernier samedi de juillet, la Confrérie organise une grande fête dont un repas qui rassemble 500 convives mais coûte cependant la vie à deux cochons grillés à la broche. Temps fort de cette journée, le championnat du monde de lancer de jambon.
* Présente-nous la genèse de cette Porcina Fuxi qui aura lieu le vendredi 1er juillet en quelques lignes ? Qu’en est-il du parcours proposé ? C’est en courant les 10 km de Toulouse, 4000 participants, une ambiance extraordinaire, festive, que l’idée m’est venue. La ville de Foix possède un patrimoine historique qui n’a rien à envier à d’autres. J’ai aussi découvert une façon de courir toute en relances, avec des pièges à éviter, un régal !
* Pourquoi t’être lancé dans l’organisation ? Je voulais y goûter, vivre ça de l’intérieur. Une sorte de défi en quelque sorte. Par moment je me suis demandé si c’était raisonnable mais j’avais vraiment envie de partager les émotions ressenties à Toulouse. Mon arrière pensée était aussi de rassembler toutes les bonnes volontés qu’il y a à Foix et dans les alentours ; après, ça ne s’explique pas, il doit y avoir un fond de narcissisme. Pourquoi on a envie de donner du bonheur aux autres ? Telle est la question…
* Sans tout dévoiler ! Toi et ton équipe, qu’est-ce que vous réservez aux concurrents pour la première édition ? Ce qu’on réserve, c’est j’espère du bonheur tout simplement. Ce qu’on va leur offrir aussi, c’est un magnifique voyage dans le passé. La star de cette Porcina, c’est incontestablement le château et toutes ces vielles rues dans lesquelles les coureurs vont devoir jouer des coudes. Toutes ont une merveilleuse histoire à raconter.
* Quel est le noyau dur de l’organisation ? Le noyau dur est composé des membres de l’association qui m’ont donné carte blanche et soutienne la Porcina financièrement, ainsi que les charcutiers fuxéens qui ont bien voulu joueur le jeu. Comme j’étais novice, il fallait aussi des personnes ayant une certaine expérience comme Thierry Portet, organisateur du Trail des Crètes, comme toute l’équipe de Midirun qui au-delà des prestations classiques s’est impliquée affectivement. La Municipalité de Foix a également était réceptive à nos demandes. Le maire Norbert Meller et son équipe ont apprécié qu’on puisse ainsi mettre leur ville en valeur.
* Combien y a t il de bénévoles le jour de la course ? Le jour de la course, il y aura 80 bénévoles environ. Pour la plupart des connaissances, des amis, qui se sont proposés. Merci à eux car sans leur implication, rien ne serait possible. C’est un lieu commun de le dire.
* Ici mettre en valeur le tissu associatif de la ville de Foix est essentiel, de même que les traditions, le patrimoine et la culture. Pourquoi et quelles sont les actions mises en place dans ce but ? Déjà le circuit en ville est une sorte de visite guidée. Le lieu de départ aussi est historique, de la Place Saint-Volusien. Les coureurs passeront devant la plus vieille porte de la ville ; elle date du XVIIème siècle. En arrivant au pied du château, ils vont découvrir la Rue des Grands-Ducs où les attendent des figurants du spectacle estival. Un vrai saut dans l’histoire médiévale. Et puis il y a l’autre histoire, plus de proximité. La Rue Cazalé un « raidillon » autrement appelé « lé cami d’arincà pets » (arrache pets en Oc) ; elle demandait un tel effort aux ânes qui les jours de foire la gravissait qu’ils en faisaient des « flatulences »…
* Tu es coureur, et aujourd’hui également organisateur de course. Qu’est ce qui est le plus important quand on organise une course ? Quel est le point le plus compliqué à gérer ? Je crois que l’important c’est d’être organisé, méthodique, et de savoir déléguer. Ce que je souhaite IMG_0598c’est que tous les gens impliqués dans l’organisation prennent du plaisir, c’est en tout cas ma philosophie. L’angoisse c’est que le jour de la course se passe l’imprévu, le « truc » auquel on n’avait pas pensé. Cela dit, j’espère que dans cette hypothèse les coureurs sauraient se montrer tolérants.
* Selon toi, qu’est ce qui fait la réussite d’un évènement du point de vue du participant ? Ce qui fait la réussite d’un événement, c’est le plaisir que prennent ceux qui y participent. Qu’ils se sentent l’espace d’une paire d’heures sur une autre planète, c’est notre récompense. Exactement ce que j’ai vécu aux 10 km de Toulouse.
* On dit souvent que pour être un bon organisateur, il faut ressentir les émotions des coureurs. Qu’en penses-tu ? C’est exactement ce que je viens de répondre à la question précédente. Chaque fois que je fais une course j’ai toujours un pincement au cœur en imaginant tout le travail des bénévoles. Des gars comme Julien Rescanières, pierre angulaire du Trail des Cascades, est fascinant par sa capacité à organiser, plus simplement à aimer faire plaisir. Patrice Rieu, David Neyrou, Anne-Marie Deguilhem pour n’en citer que quelques-uns… Nous somme peut-être un peu tordus dans l’âme, mais c’est ainsi.
* Aussi, quels conseils donnerais-tu aux personnes qui aimeraient courir ton épreuve ? J’aimerais leur dire, oubliez vos soucis du moment, et lâchez-vous. Courez, riez, bref, soyez heureux et pardonnez-nous si quelque chose est allé de travers. La course terminée, installez-vous en terrasse et dégustez la vie…
* Que penses-tu de l’inscription en ligne par rapport à l’inscription traditionnelle par bulletin papier ? Je suis de la vieille école, mais je fais tout pour vivre avec mon temps. Donc, j’apprécie l’inscription en ligne mais aussi l’inscription au stand, la veille de la course par exemple, qui permet d’échanger avec les organisateurs ou les coureurs.
* Quand tu n’organise pas, comment occupes-tu ton temps ? Quels sont tes autres loisirs/passions ? J’ai plusieurs cordes à mon arc dont une à laquelle je tiens : je suis choriste. Il y a cinq ans avec un groupe d’amis nous nous sommes retrouvés à chanter à l’occasion d’un marché de Noël à Prayols (petit village à proximité de Foix) et on s’est dit : « Té, si on montait une chorale ! » Aujourd’hui nous sommes 35 à nous retrouver le lundi pour les répétitions. Je le conseille car c’est un excellent devoir de mémoire. Cela dit, je cours trois à quatre fois par semaine, de petites séances d’une heure, intenses. J’alterne le plat avec les montées. J’ai une grande passion pour le rugby ; je le commente sur les antennes de France Télévision. Je fais également du dessin de presse et je garde une place pour mes copains que je retrouve tous les matins ou presque autour d’un petit café.
* Ce que tu voudrais que les gens retiennent de cette première édition ? Je crois avoir déjà répondu : du bonheur. Un moment d’oubli de leurs tracas du moment.
* Quelle a été ta plus belle rencontre dans le monde du sport ? Les rencontres, c’est partager l’effort, la souffrance, avec d’autres l’espace d’une course. Ma plus belle rencontre c’est à l’issue des Foulées Vernajouloises ; j’étais allé féliciter deux cadets de l’Entente du Pays de Foix pour leur performance, et ils m’ont répondu «C’est nous Monsieur qui vous félicitons pour ce que vous faites à votre âge…».
* Et pour finir quelle question aurais tu aimé que je te pose ? J’aurais bien aimé que tu me demandes si je n’allais pas avoir les boules de ne pas pouvoir courir cette première Porcina. Oui, j’ai les boules car j’ai pris tellement de plaisir à reconnaître le parcours qu’en situation ce doit être fabuleux.

Merci Didier, pour tes réponses, ton humour, ton sens du partage et… longue vie à la Porcina Fuxi !

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