A la rencontre de Gilles Denjean – Marathon du Montcalm

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L’organisateur interviewé : Gilles DENJEAN – Challenge du Montcalm … à toi !

Bonjour Gilles, tu préside Cap Montcalm et organise sur le toit de l’Ariège la 27ème édition du marathon du Montcalm, épreuve phare des courses de montagne au niveau international !

 

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* Le Challenge des 3000m Ariègeois, 100% montagne avec le fameux Montcalm et son alter-ego, la pique d’Estat, est depuis 26 ans fortement plébiscitée et appréciée, quelles en sont d’après toi les raisons ?
La course la plus « Montagne des Pyrénées » fêtera son 27° anniversaire, ce qui en fait l’une des courses de montagne les plus anciennes des Pyrénées. Il faut rendre hommage aux créateurs de cette épreuve qui étaient des visionnaires, Bernard Piquemal, Alain Leplus, Claude Pauly et Jacques Soulié. D’ailleurs ils sont toujours dans le staff d’organisation et apportent de précieux conseils.
Le Montcalm s’adresse avant tout aux amoureux de la montagne qui souhaitent concilier effort physique, beauté des paysages et convivialité. Je pense que son parcours et le cadre exceptionnel de cette épreuve sont le premier élément apprécié par les coureurs qui viennent de toute la France et parfois de très loin, une taïwanaise, un américain…. Gravir deux pics de plus de 3000m est unique en France dans les courses de montagne.
Ensuite, c’est la qualité de l’organisation et la convivialité qui en découle. Nous faisons tout pour satisfaire les coureurs et nous sommes intransigeants sur la sécurité.

* Tu montes, puis tu descends ! Mais au-delà de cette course de montagne au tracé exceptionnel, présente-nous la manifestation sportive en quelques lignes ? Qu’en est-il des différents parcours proposés, tels que le Kilomètre Vertical… ? Qu’est-ce que vous réservez aux concurrents pour la 27ème édition ?
Tout d’abord c’est plus qu’une course, c’est trois jours de fête.
• Cette année cela commencera le jeudi 18/8/2016 par le KV de Goulier avec un tracé plus sportif que l’an dernier. Nous allons rouvrir un ancien chemin qui monte droit. Ainsi on aura un parcours de 3,7 km pour les 1000 m positifs. Il fera partie des VERTICALE SERIES de la fédération de Skyrunning chère à mon ami Marc Villa.
• Ensuite le vendredi, il y aura un colloque médico-sportif avec de nombreux médecins. Il sera suivi de la course des enfants qui est toujours un grand moment accompagné de son lot de joie, pleurs et tout le monde retrouve un grand sourire lors de la remise des récompenses.
• Le samedi 3 courses et une randonnée sont au programme. Les tracés ne changeront sauf une petite portion de descente pour le trail des mineurs. Cette partie au dessus de SEM sera plus facile à courir.
• Le MARATAHON DU MONTCALM : 42.5 km et 2580m de dénivelé positif – La course la plus montagne des Pyrénées ! : départ à 7h00 d’Auzat. Cette année il fera partie des SKY SERIES de la fédération de Skyrunning
• Le TRAIL DES NOVIS : 25km et 1250m de D+: départ à 8h30 d’Auzat « Challenge des trails du sud ouest »
• Le TRAIL DES MINEURS : 13km et 650m de D+: départ à 9h00 d’Auzat
• La RANDONNEE PAR LES PICS : 22 km avec l’ascension du pic du Montcalm et de la pique d’ESTATS : départ à 6h00 du parking de Lartigue
Mais au delà de l’aspect sportif, nous proposerons cette année un spectacle le vendredi soir autour de la pasta-party. Les CRS de montagne seront présents les trois jours pour présenter leur métier, expliquer les risques de la montagne et animeront un mur d’escalade.

* Une manifestation qui a bien failli ne pas voir le jour au grand dam des pratiquants en 2015. Cheville ouvrière de cette manifestation depuis 20 ans, pourquoi avoir repris cette course en tant qu’organisateur ?
Cette manifestation fait partie du paysage sportif ariègeois, pyrénéen, elle a attiré de nombreuses personnes dans notre vallée. Elle a contribué à son développement touristique. Des familles viennent en vacances à cette période de l’année pour vivre ces trois jours de fête. Nous ne pouvions pas laisser tomber un tel outil d’autant que la promotion était faite et que nous faisions partie du challenge Salomon. Il y avait plus de 10 ans que je travaillai pour intégrer ce challenge. Cette annulation liée au départ de toute l’équipe d’organisation de la communauté des communes était une erreur. Nous avons relevé le challenge malgré tout ce qui a été fait pour nous poser problèmes. Le pire étant le refus d’utiliser le site internet et le remboursement des 170 inscrits en les obligeant à se réinscrire. Tous les messages de soutien sur Facebook, nous ont boostés. Nous avions le devoir de continuer à faire vivre cette course. Le record de participation et la qualité du plateau sportif furent notre plus belle récompense.

* Quel est le noyau dur de l’organisation ?
Le noyau dur de l’organisation se compose d’une vingtaine de personnes réparties par poste. Un responsable sécurité, parcours, animation, sécurité, chronométrage, chefs de poste en montagne, une équipe de cuisine, promotion, responsables par épreuve….
Nous travaillons de manière collégiale dans notre nouvelle association créée en septembre et qui se nomme CAP Montcalm. Près d’une quarantaine de personnes sont présentes à chaque réunion et un compte rendu est envoyé à une centaine de personnes. Cette année nous avons créé une gazette pour les bénévoles qui sont la richesse de notre course. Ils sont 350 présents le jour de la manifestation.

* Ici mettre en valeur le territoire est essentiel, de même que le respect de l’environnement. Pourquoi et quelles sont les actions mises en place dans ce but ?
Le territoire est mis en valeur avec les 3 jours de fête et la présentation de toutes les activités de la station sport nature du Montcalm comme le parapente, l’escalade, la randonnée, le canyon, la spéléo…C’est cette logique de développement touristique qui avait conduit à la création de l’épreuve. 27 ans après c’est toujours notre motivation première, faire découvrir notre vallée, notre département, notre région au plus grand nombre.
Le respect de l’environnement est essentiel. Je pense que la course n’existerait plus si elle n’avait pas respecté ce principe « laisser la montagne plus propre ». Nous avons un partenariat avec le PARC NATUREL REGIONAL DES PYRENEES ARIEGEOISES et nous travaillons les repas autour de produits ariégeois.
Cette année nous allons travailler aussi sur la solidarité en intégrant des personnes en situation de handicap dans l’organisation. Nous allons leur offrir la possibilité de passer une nuit en montagne dans un refuge et être acteur de l’événement
De même nous souhaitons travailler à l’international et notamment avec le Maroc pour bien montrer que l’intégration est possible, 4 frères marocains, traileurs de bon niveau, font partie de notre organisation. Auzat a toujours été une terre d’accueil et nous souhaitons perpétuer cette tradition

* Quelles sont les plus grandes difficultés rencontrées dans l’organisation d’un tel évènement ? Quel est le point le plus compliqué à gérer ?
Compte tenu du nombre d’années d’existence de la course, nous avons une grande expérience. Il est donc plus facile de surmonter les différents obstacles, budgétaires, administratifs, sécurité.
Le plus compliqué à gérer serait de très mauvaises conditions météo mettant en danger nos bénévoles et ne permettant pas la réalisation du parcours. Des procédures sont prévues pour pallier à ce type de difficulté.
Après il faut arriver à motiver les bénévoles et faire en sorte qu’ils viennent toujours aussi nombreux.

* Que penses-tu de l’inscription en ligne par rapport à l’inscription traditionnelle par bulletin papier ?
Ce type d’inscription en ligne est beaucoup plus simple à gérer pour les organisateurs et je pense aussi pour les coureurs. Malheureusement pour nous organisateurs et heureusement pour les coureurs nous continuons à offrir la possibilité de s’inscrire sur place sur bulletin papier. Ce n’est pas facile à gérer, mais c’est un gros plus pour les coureurs de proximité qui se décident au dernier moment sur les trails des Mineurs et Novis. L’an dernier, j’ai inscrit un ariègeois deux minutes avant le départ du KV !!!13260149_10208837201514918_2391064193708476866_n

* Ta plus grande satisfaction en tant qu’organisateur ? Ta plus grosse déception ?
La plus grande satisfaction est de faire partie d’une équipe formidable depuis plus de 20 ans. C’est toujours un plaisir de retrouver des amis que je vois une seule fois par an pour certains.
La déception est liée au comportement de certains coureurs vis à vis de l’argent. Quelques uns, regardent la liste des inscrits et viennent en fonction. C’est dommage pour l’esprit sportif.

* Ta pire frayeur ? Ton meilleur souvenir ?
La pire frayeur est l’accident d’une catalane qui faisait la randonnée et qui a chuté en laissant passer un coureur. Elle est restée plusieurs jours dans le coma. Heureusement tout s’est arrangé.
Le meilleur souvenir, c’est l’organisation de la course l’an dernier car c’était un gros challenge à relever et il s’est avéré dépasser tous mes espoirs surtout au niveau de la fréquentation. Mais je retiens aussi les repas d’avant course avec Léonid Tikhonov qui ne regardait pas trop la diététique. Il buvait pas mal de vin, la veille de la course. Après la victoire de Michel Rabat, sur le championnat de France SKYRUNNING fut un moment extraordinaire car c’est un coureur d’une gentillesse hors norme. Il avait gagné avec une cheville qui ressemblait à un œuf d’autruche suite à une piqure. Les victoires de Stéfanie Jimenez, « la fiancé du Montcalm » ont toujours été de grands moments.

* S’il y a un point sur lequel un organisateur doit se montrer intransigeant, lequel est-ce ?
Bien évidemment il s’agit de la sécurité. L’an dernier 6 médecins, une équipe de la protection civile, des gendarmes du PGHM, des pompiers, des infirmiers, des podologues et un hélicoptère à disposition pour amener rapidement un médecin sur un accident.

* Selon toi, qu’est ce qui fait la réussite d’un évènement du point de vue du participant ?
Pour un participant, l’essentiel est je pense de prendre du plaisir. Il doit s’occuper uniquement de sa course, l’organisation devant le mettre dans les meilleures conditions, avec un balisage parfait, des ravitaillements complets et fréquents, une bonne animation, un chronométrage au top et de belles récompenses. S’il est correctement entrainé, l’ascension de ces 3000, lui procurera une grande satisfaction de plaisir, sinon ce sera difficile mais le souvenir encore plus beau peut être. Ayant fait le serre file une année, j’ai poussé la dernière dans ses derniers retranchements pour lui permettre de finir l’épreuve. Elle en garde un excellent souvenir même si les derniers kilomètres depuis l’Artigues furent très durs.

collectif* On dit souvent que pour être un bon organisateur, il faut ressentir les émotions des coureurs. Qu’en penses-tu ?
Je crois que c’est vrai. Quand on organise il faut savoir ce qui plait aux coureurs, ce qui est indispensable pour la réussite de l’épreuve. Je crois aussi qu’il faut tout simplement être passionné et ne pas compter son temps. Mais on n’est pas un bon organisateur avec juste ce ressenti car pour arriver à bien organiser, il faut être capable de rassembler, motiver une équipe de bénévoles, trouver des financements, prévoir un maximum d’impondérables et parer à tous les événements de dernière minute comme, par exemple, un contrôle anti dopage sur l’édition 2015. Il a fallu trouver 6 bénévoles pour accompagner les coureurs et organiser les locaux en moins de dix minutes.

* Aussi, quels conseils donnerais-tu aux personnes qui aimeraient courir ton épreuve ?
Le marathon du Montcalm est une épreuve très technique, je leur conseillerai donc de faire un maximum de sorties montagne s’ils en ont la possibilité. Mais un bon fond et une vitesse de base sont importants pour gagner. Je pense à Julien Cougnaud, Vendéen qui a gagné le Montcalm sans faire de montagne et aucune autre course de ce type. Par contre il a un super niveau sur les cross.
Les autres conseils sont classiques, apprendre à bien se connaître, avoir validé son équipement lors d’entrainements ou courses, bien s’alimenter, bien s’hydrater et écouter les consignes données par les signaleurs et lors des briefings notamment vis à vis de la météo.

* Ton rêve en tant qu’organisateur ?
J’aimerai qu’un coureur passe sous la barre des 4 heures. Avec Claude, nous pensons que c’est possible. Si Killian venait relever ce défi, je serai comblé.

* Quand tu n’organises pas, comment occupes-tu ton temps ? Pratiques-tu une activité sportive?
Je cours régulièrement dans mes montagnes pour le plaisir mais je participe rarement à d’autres épreuves par manque de temps et pour préserver ma vie familiale. Je vais faire le Phébus Trail en relais le 14/2 avec mon meilleur ami. Je joue aussi au tennis en compétition avec un classement à 15/1.

* Ce que tu voudrais que les gens retiennent de la 27ème édition ?
« Je reviendrai l’an prochain car l’organisation est au top et les paysages magnifiques ».

* Enfin, dernière question, vois-tu quelque chose à ajouter par rapport à ce qu’on a dit ?
J’avais lu l’interview d’André Bérenger et j’avais trouvé l’idée très intéressante. Bravo à vous pour cette initiative.

Merci Gilles pour tes réponses ! On te souhaite tout simplement à toi et à ton équipe,

… Bon courage pour cette dernière ligne droite avant le grand jour en août !

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