Trail de la Courbière – Acte II

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A la porte des montagnes, le pays de l’ancien Sabartés bouge en matière de trail avec notamment le trail de Montgailhard, le trail des Crêtes, le trail de Bestiac, le trail de Caussou, le trail des Mineurs, le trail des Novis, le trail des Fleurs de Lys, le trail de Saint Barthélemy… et désormais le « grand » rendez-vous de mars : le trail de la Courbière.

Terre de Trails, entre ciel et montagne … un effort, un plaisir !

IMG_0509Alliant beauté des paysages, le trail de la Courbière se blotti dans les bras de géant du massif des Trois Seigneurs (2199 m) qui s’en va défier le ciel. La tradition, voire la légende, veut que trois seigneurs ambitieux soient allés dîner sur la dalle de pierre située au sommet du vénérable pic, pour débattre des droits respectifs.

Ainsi, le dimanche 19 mars,  l’équipe de Vo2Max Tarascon, vous invite à venir découvrir sportivement une partie du Sabartés, et fêter une deuxième bougie dans ce lieu majestueux qu’est la vallée de la Courbière.
Une journée qui se voudra sportive mais également conviviale, placée sous le signe du partage et de la découverte. Voici en quelques mots ce qu’il faut retenir : la beauté des parcours, la zénitude, le bon air, l’esprit sportif, une manifestation éco-durable organisé par des sportifs passionnés et surtout le fait de faire une boucle au cœur d’une vallée qui résiste au temps. C’est aussi un très bon confort de course avec très peu de bitume et pas mal de « single », au plus près de cette nature sauvage. Un cocktail 100% trail, varié d’effort et de plaisir. Aussi, lorsqu’on me demande comment garder la motivation de courir : « je dis souvent qu’il est important de courir dans des lieux sympathiques et se laisser vaincre par la curiosité ». Alors n’hésitez plus et inscrivez vous !

A mon avis le parcours est sportivement très intéressant. Par contre, il faudra avoir du « pied » et bien savoir gérer son effort. En effet, même si dans l’ensemble le parcours permet de belles relances, la météo, les belles pujades de la palombiere d’Asclot, du col du Trou, de Ventefarine, du Mount…, et le tracé sinueux entre les rochers des crêtes et arbres des sous-bois vont rendre l’épreuve éprouvante.

Perso : «si le parcours est pratiquement idéal et les ravitaillements, bien placés, J’aime beaucoup les courses avec un objectif parlant, ici, faire le tour de la vallée de la Courbière, riche en histoire». C’est d’ailleurs, après la surprenante pujade qui conduit du plateau de Baillères au Col du trou, sur le plateau de Génat, que passait autrefois la voie phénicienne, puis phocéenne et romaine, qui se dirigeait, par les montagnes de Lapège, Illier, Suc et Sentenac, vers le port de Saleix et les mines d’or et d’argent de Castelminier, près d’Aulus, connues depuis une haute antiquité. Mais revenons à notre Trail de la Courbière !

Les gardiens de pierres !IMG_0478

Après la traversée des petits villages de Gourbit et de Rabat, le bois des Hérétiques, les granges abandonnées et l’ascension du Mount, vous partirez en toute quiétude à la découverte des gardiens de pierres, que sont les ruines des châteaux, dominant les vallées de Rabat et de Saurat. D’ailleurs, depuis le parc de la Préhistoire, lieu de départ de la course, ces ruines se découpent sur le fond du ciel. Pierres parmi les pierres, elles ne font qu’un avec la montagne. En premier lieu, celles de Miramont de Sabartés, situées sur le pain de sucre dit de la Roche Ronde ou roche de Cayral (ou encore chapeau de Gendarme), et puis, sur la même ligne de défense, en l’approchant des yeux, le donjon médiéval de Calamès qui fut un des plus importants château du Comte de Foix au XIIIème siècle.
D’ailleurs, sur le somment de ce pain de sucre (1001 m) dit le « Roc des Irretges », se lient légende et histoire. De là haut, la vue est exceptionnelle, tant sur la Courbière, le massif de Tabe, vers le col de Port et le Couserans, le Prat d’Albis et le roc de Batail, que sur la vallée de Tarascon. Et c’est à peine si on songe à regarder le sol. Pourtant, un œil exercé y trouvera des soubassements de murs, des terrasses aménagées… Autrefois, se dressait là un château. Situé sur le rocher des Irretges, Miramont servit de refuge à de nombreux parfaits, notamment Bernard de Salsenac, Raimond Tournier, Guillaume de Lagleize, Guilhabert de Castres, Bernard Marty. Cette situation explique la tradition locale qui veut que Miramont ait été le dernier château cathare.

Sinon, la légende dit que deux Irretges (deux sauvages) vivaient dans le château perché sur la Roche Ronde. C’étaient deux frères vêtus de hardes qui enlevaient des jeunes femmes. Pour les prendre, les Sauratois accrochèrent deux pantalons rouges à un arbre. Attirés par d’aussi beaux vêtements les irretges voulurent les enfiler et l’un d’eux fut capturé par les villageois, emmené à Saurat et brûlé vif sur la place. Les Sauratois retournèrent au roc pour prendre le deuxième. Dans le combat qui s’ensuivit un homme l’entraîna avec lui dans le vide. Pour en finir avec les Irretges, les Sauratois détruisirent ensuite le château. Voir et lire : Olivier de Robert: « Contes et Légendes d’Ariège »

IMG_0522Si le trail de la Courbière n’a pas vocation à contempler la course des nuages, ce sera aussi, au pied de la digne silhouette du rocher d’escalade de Calamès, l’occasion de passer par la grotte des « Encantados » qui comporte des sépultures Gallo-Romaines.
Alors que le parcours du trail vous conduit vers le fond de vallée, et le Parc Pyrénéen de l’Art Préhistorique, je voulais évoquer une autre originalité devenue aujourd’hui souvenir nostalgique et belle curiosité. En effet, au XIXème siècle, de mai à novembre, des porteurs de glace venaient, au pied du pic des Trois Seigneurs, chercher leurs barres de glace, qu’ils arrachaient au flanc nord du mont, au glacier d’Ambans. Sur leurs mules, ils transportaient ces gigantesques glaçons de 25 kg entourés de toile grossière pour les livrer dans les cafés et entrepôts de Toulouse, où des cabaretiers les achetaient à prix d’or. L’anisade et l’absinthe, déjà, se buvaient fraîches. Mais, ce glacier, en partie présent dans les années 1970-1980, a totalement disparu aujourd’hui.

Vivre l’instant présent !

Avec cette immersion dans la nature et dans l’histoire, au fond, peu importe, ce trail sera celui que vous voudrez en faire, en courant comme un dératé ou en le contemplant depuis les crêtes de Ventefarine ! Ici nous sortons de notre quotidien en brûlant le chemin d’une sueur qui peut paraître dérisoire, d’être ainsi versé sans autre but que notre plaisir ! Je voudrais conclure par ces quelques mots, chapardés ici et là : « L’essentiel, c’est bien d’être conscient de notre privilège de pouvoir choisir l’effort chaque jour qui passe. Ailleurs, on doit souffrir pour survivre. Ici nous choisissons de souffrir sportivement pour mieux vivre ! ».

Le 19 mars, on vous attend nombreux pour ce deuxième opus en vallée de la Courbière, et aussi deuxième épreuve du nouveau challenge « Patrimoine » de Terre de Trails – Ariège

…mais pensez à vous inscrire ! ICI

 Robert-Félix VICENTE

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